Senna chez Ferrari on y était presque!

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Le casque jaune dépassant la voiture rouge. Cela ne s’est jamais réalisé, mais c’était proche, voir même très proche. À une époque où les championnats étaient dominés par McLaren et Williams, conduire pour Ferrari restait le rêve de tout pilote de Formule 1 et Senna n’a pas fait exception. De son côté, l’équipe de Maranello sait qu’elle ne peut revenir à la victoire (dernier titre acquis par le sud africain Jody Scheckter en 1979) que si elle a les meilleurs pilotes et Ayrton Senna est évidemment l’un d’entre eux …
En 1989, Cesare Fiorio est nommé directeur sportif de la Scuderia Ferrari. Après avoir mené Lancia à la victoire dans les rallyes, il se voit confier la mission de faire de même avec la Scuderia Ferrari. Pour cela, il est mandaté de former une équipe avec les meilleurs professionnels et, bien sûr, les meilleurs pilotes.

Ainsi, juste après le Grand Prix de Monaco de cette année-là, Fiorio commence à sonder Senna pour découvrir son intérêt à conduire pour Ferrari l’année suivante. Invoquant sa relation contractuelle avec McLaren jusqu’à la fin de 1990, les négociations sont reportées. Fiorio ne parvient pas à amener Senna, mais il parvient à amener Prost, qui fera équipe avec Nigel Mansell. Ce duo satisferait n’importe quelle équipe, mais Ferrari n’abandonne pas Senna.

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Après le Grand Prix du Brésil 1990, Alain Prost, vainqueur de la course, ainsi que le reste de l’équipe ont quitté le circuit d’Interlagos en direction de l’Italie, à l’exception de Cesare Fiorio, qui est resté à São Paulo. Le lendemain, il se retrouve chez Senna pour parler de l’avenir, plus précisément des saisons 1991 et 1992. L’intérêt manifesté par le pilote brésilien pour conduire une Ferrari et l’accord sur les principaux aspects d’une éventuelle collaboration, laissent Fiorio confiant qu’il peut compter sur Ayrton Senna chez Ferrari dès l’année prochaine. Pas même la réédition d’un « partenariat » avec Alain Prost n’avait dérangé le pilote brésilien.

Les discussions se poursuivent jeudi avant le Grand Prix de France. Avant de se rendre sur le circuit du Castellet, Fiorio a fait un détour par la résidence de Senna à Monaco pour s’occuper des derniers détails du futur contrat. La victoire de Prost dimanche démontre une fois de plus la compétitivité de la Ferrari 641 et réconforte Senna dans son choix pour l’année suivante. Au lendemain du Grand Prix de France, le siège de Ferrari reçoit un fax: c’est un pré-contrat signé par Ayrton Senna qui met sur papier l’accord formulé oralement entre lui et Cesare Fiorio lors des précédentes rencontres.

La Ferrari 641 de 1990, une évolution de la 640 de l’année précédente conçue par John Barnard, commence à ramener un peu de joie chez les « Tiffosi ». En interne, beaucoup veulent capitaliser sur ce succès et gagner en notoriété. Pour Cesare Fiorio, le président de Ferrari est l’un d’entre eux: «C’était un bureaucrate qui souffrait de ne pas être sous les projecteurs». Maintenant que l’équipe était revenue à la victoire, Piero Fusaro devait retirer Fiorio pour s’attribuer le mérite des nouveaux succès. Ainsi, il informe Prost des démarches entreprises par Fiorio pour recruter son illustre rival brésilien, ce qui a grandement déplu au pilote français et déclenché un conflit entre pilote et directeur sportif.

Invoquant une excuse avec les sponsors, Piero Fusaro annule les négociations avec Senna, désavouant ainsi Cesare Fiorio, qui ne voit pas d’autre option que la démission, emportant avec lui le pré-accord signé par Senna qui reste chez McLaren et remporte son troisième titre en 1991. A la Scuderia, l’environnement est électrique et Prost sera renvoyé pour avoir comparé sa Ferrari à un camion.

En 1994, Senna est pilote Williams-Renault et Ferrari est désormais dirigée par Luca di Montezemolo et la direction sportive est confiée à Jean Todt. Les noms ont été modifiés mais le désir d’embaucher Senna demeure toujours intact. A quelques jours du fatidique Grand Prix d’Imola, Ayrton Senna rencontre di Montezemolo à son domicile le 27 avril. Lors de cette réunion, les désirs réciproques de collaboration ont été réitérés, renvoyant à la réunion suivante la résolution des derniers aspects d’un éventuel contrat. Tamburello en a malheureusement décidé autrement. Les mythes Senna et Ferrari ne se sont jamais réunis.

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